Jeudi 12 mars 2026

16h20 à 16h40

Construction du prix d'une PM de rupture

Dr Eric MYON

Pharmacien titulairede la pharmacie homéopathique de l’Europe (Paris),
Secrétaire Général UPGF (Unio des Pharmaciens Groupés de France)
Trésorier du SN2P

Résumé de l’intervention :

Contexte 

Cette présentation portait sur la tarification des préparations magistrales et les négociations avec la Direction de la Sécurité Sociale (DSS). Le Dr Myon a utilisé l’exemple de la Sertraline pour illustrer les blocages rencontrés.

 

Points clés abordés

La dernière mise à jour tarifaire datait de 2008-2015, rendant une actualisation indispensable. Le calcul du prix d’une préparation est complexe car il intègre de nombreux facteurs : coût des matières premières et excipients, coûts humains (salaires des pharmaciens et préparateurs), coûts de structure (loyer, énergie), et coûts de transport.

 

Cas concret : la Sertraline

C’est le seul dossier de négociation n’ayant pas abouti. Les principaux points de désaccord avec la DSS portaient sur le calcul de la matière première, les excipients, le matériel, et surtout le transport (la DSS refusait de dépasser 2€ alors que le coût réel moyen est de 2,58€). À l’issue des négociations, un écart de 13 à 15% persistait entre les propositions des deux parties, jugé incompatible avec une réalisation sécurisée des préparations.

 

Problèmes structurels identifiés 

La DSS souhaite un modèle où seul le coût de la matière première varierait, ce qui est jugé trop réducteur. Par ailleurs, la marge du pharmacien dispensateur pour une préparation magistrale (1,92€) est deux fois inférieure à celle d’un générique (3,90€), ce qui est jugé incohérent. Enfin, les tarifs ne sont quasiment jamais réévalués une fois fixés par la DSS.

 

Bilan 

C’est un bilan positif

En effet, des centaines de milliers de patients ont pu être traités grâce aux préparations magistrales. Aucun cas de pharmacovigilance n’a été recensé sur les préparations de rupture. Les négociations ont abouti sur la plupart des autres molécules (dont le propranolol notamment, dernière en date).

 

Pistes d’action évoquées pour l’avenir

  • Trouver une solution viable pour la tarification du transport
  • Revoir la marge du pharmacien dispensateur (à l’initiative des syndicats officinaux)
  • Construire des modèles de tarification prospectifs avec la DSS
  • Réaliser une étude médico-économique pour démontrer l’efficience des préparations magistrales



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